Le système de garantie joue un rôle important dans l'amélioration de l'accès au financement

Le système de garantie joue un rôle important dans l'amélioration de l'accès au financement

Le système de la garantie joue un rôle important dans l'amélioration de l'accès au financement et le développement économique et social des pays, ont souligné jeudi, à Marrakech, les participants au 3è Forum international sur la garantie institutionnelle dans la région du Moyen Orient et Afrique du Nord (MENA).

Les intervenants dans le cadre de cette rencontre organisée à Marrakech les 26 et 27 octobre, sous le thème "la garantie institutionnelle: catalyseur du développement de l'entrepreneuriat et des Très Petites et moyennes entreprises (TPME) dans la région MENA", ont convenu d'ajouter que les pouvoirs publics recourent de plus en plus aux systèmes de garantie du crédit bancaire pour contribuer à la promotion des TPME.

Pour le directeur général de la Caisse centrale de garantie (CCG), Hicham Zanati Serghini, la question de l'accès au financement est universelle tant elle se pose avec acuité dans les différentes économies même les plus avancées.

"C’est un sujet qui nous préoccupe particulièrement dans notre région eu égard aux nombreux défis posés", a-t-il ajouté.

Tout en soulignant les similitudes qui existent entre les différents pays de la région, notamment en termes de culture, de structures économiques, d'opportunités et de défis, M. Serghini a rappelé l'existence de spécificités qui font la particularité du modèle de chaque système de garantie.

"La CCG compte parmi les instruments d’intervention privilégiés de l’Etat en matière de financement du développement économique et social", a-t-insisté, faisant remarquer qu'une vision stratégique a été mise en place en 2009 par les pouvoirs publics consacrant le rôle de la CCG en tant qu’acteur public unique en matière de garantie institutionnelle.

"Grâce à cette stratégie, la CCG a enregistré des résultats positifs avec une évolution exponentielle de son activité en faveur des entreprises, dont le volume des crédits garantis a quadruplé au cours des dernières années", s’est-il réjoui.

M. Serghini a également souligné l’expérience pionnière menée par le Maroc en matière de facilitation de l’accès au financement du logement grâce à la garantie institutionnelle en faveur de milliers de familles à revenu modeste ou non régulier qui étaient auparavant exclues du circuit classique du financement bancaire.

Et de conclure que la garantie a réussi à jouer le rôle de levier et de catalyseur du financement permettant de produire de l’additionalité qui est la finalité ultime de tout système de garantie.

Le directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza, a pour sa part, noté que les TPME, qui sont un véritable moteur de croissance économique, de création d'emploi et de cohésion sociale, continuent à se heurter à l'échelle internationale à des difficultés en matière d'accès au financement en raison de considérations liées à leur gouvernance et transparence et aux exigences des banques en matière de sûretés réelles et à la plus forte vulnérabilité des entreprises aux retournements de conjoncture.

"Face à cette situation, les Etats recourent aux systèmes de garantie qui ont connu au cours des deux dernières décennies, un développement sans précédent notamment au lendemain de la crise financière de 2008", a-t-il fait observer, notant que les mécanismes de garantie de crédit se sont développés selon des modèles différents mais font face aux mêmes enjeux liés à leur capacité à atteindre des objectifs de couverture des segments d'entreprises cibles et d'additionnalité financière et économique, tout en assurant leur soutenabilité et viabilité financière.

Concernant la région MENA, qui se caractérise par un secteur bancaire développé, l'offre de prêt demeure fortement concentrée, laissant une large part du tissu productif en dehors des canaux de financement formels, a-t-il fait savoir.

Le représentant de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Salaheddine Kadmiri, a quant à lui souligné que la CCG joue le rôle de levier économique, qui a contribué à la restructuration des métiers traditionnels.

"Nous avons confiance en notre système bancaire et de garantie, qui ont réussi à s'adapter avec leur environnement et avec les mutations survenues", a-t-il ajouté.

Organisée par la CCG, le 3è Forum international sur la garantie institutionnelle dans la région MENA vise à renforcer la coopération entre les institutions de garantie de la région et s'inscrit dans le cadre de l'action du réseau des organismes de garantie de la région MENA.

Cette rencontre d'envergure internationale qui se tient pour la première fois au Maroc, après la Jordanie et l'Egypte, s'assigne pour objectifs de présenter les meilleures pratiques en matière de garantie institutionnelle dans la région et dans le monde ainsi que les perspectives de développement des systèmes de garantie au service de l’appui au financement des entreprises.

Les participants à ce forum débattent de thématiques se rapportant à "l'état des lieux et perspectives de la garantie institutionnelle dans la région MENA", "Partenariat entre institutions de garantie et banques, best practices et tendances", "Financement et supervision des institutions de garantie" et "Perspectives des institutions de garantie face aux évolutions du paysage financier : inclusion financière, financement des ménages et finance participative".

A rappeler que les institutions de garantie de la région MENA présentes au forum englobent en plus du Maroc, pays hôte, l'Egypte, l'Arabie saoudite, la Jordanie, la Tunisie, l'Algérie, le Liban et le Qatar.